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Plus de 1.5°C? Adieu Antarctique et Groenland!

Publié le 6 février 2019 Mis à jour le 6 février 2019

Que deviendraient les calottes polaires dans un monde plus chaud d' 1,5 °C, si l'atténuation du changement climatique récemment mise en relief par le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) était atteinte (COP21, accord de Paris) ?

Un examen de l'état des connaissances suggère que les prévisions actuelles sur ce sujet sont incertaines en raison de la compréhension limitée des changements de la circulation atmosphérique autour du Groenland et de la circulation océanique autour de l'Antarctique. Cependant, l'étude conclut qu'il est important de limiter le réchauffement de la planète d'ici 2100 à 1,5°C pour minimiser le risque d'atteindre des points de basculement qui accéléreraient considérablement la perte de masse.

Aujourd'hui, en raison des activités humaines provoquant un réchauffement global, la montée du niveau de la mer est d'environ 4 mm par an et est en pleine accélération. Les principales contributions à cette hausse sont l'expansion thermique des océans, la fonte des glaciers et, de plus en plus importante, la fonte des calottes polaires du Groenland et de l'Antarctique. Ces calottes polaires sont communément appelées les " géants endormis " de la Terre car dans l'éventualité où elles fondraient totalement, elles feraient monter le niveau des mers de plus de 70 mètres. Si une perte de glace très importante nécessite évidemment des échelles de temps longues (plusieurs millénaires), elle peut néanmoins être engagée sous quelques générations humaines. On estime en effet que les deux calottes polaires peuvent atteindre des points de basculement dès un réchauffement supérieur à une limite de 1,5 à 2,0 °C, entraînant une perte de masse irréversible. Pour le Groenland, cela est dû à la fonte accrue de la calotte polaire, tandis que pour l'Antarctique, cela est dû aux instabilités marines de certains secteurs de la calotte polaire, en particulier de la calotte polaire de l'Antarctique de l'Ouest. Atteindre ces points de basculement entraînerait une élévation du niveau de la mer de plusieurs mètres sur des échelles de temps allant de siècles aux millénaires, ce qui remettrait en cause l'existence même des petits États insulaires qui se feraient submerger, et aurait des conséquences dramatiques pour les villes côtières du monde entier.

The Greenland and Antarctic ice sheets under 1.5°C global warming
Pattyn, Frank, Catherine Ritz, Edward Hanna, Xylar Asay-Davis, Rob DeConto, Gaël Durand, Lionel Favier, Xavier Fettweis, Heiko Goelzer, Nicholas R. Golledge, Peter Kuipers Munneke, Jan Lenaerts, Sophie Nowicki, Antony J. Payne, Alexander Robinson, Hélène Seroussi, Luke D. Trusel, and Michiel van den Broeke (2018). Nature Climate Change. Doi:10.1038/s41558-018-0305-8