1. Faculté des Sciences
  2. Accueil
  3. La Recherche
  4. Actualités

Élucidation des effets multiples du changement climatique sur la saisonnalité de la végétation

Publié le 7 février 2022 Mis à jour le 14 février 2022

Le groupe BGEOSYS a analysé 386000 observations de dates d’apparition des feuilles chez 6 espèces d’arbres en Europe et quantifié leur changement au cours des cinq dernières décennies. Quels sont les mécanismes qui régulent ces changements subtils de la phénologie de la végétation au printemps et l'impact du changement climatique ? Leurs résultats ont été publiés dans Nature Climate Change le 2 février dernier.

La végétation terrestre capte environ 25 % du CO2 anthropique émis par les activités humaines, ce qui limite le réchauffement climatique. Le réchauffement climatique s’est accéléré au cours des dernières décennies, et impacte le fonctionnement des écosystèmes, en modifiant notamment la phénologie des plantes, c’est-à-dire leur cycle saisonnier. En effet, l’impact du changement climatique - en particulier l’effet de l’augmentation de la température - sur la phénologie est maintenant largement admis. En particulier, la mise en évidence d’un avancement de la reprise d’activité de la végétation est communément observé au  printemps en réponse aux températures  qui deviennent de plus en plus clémentes, mais l’amplitude du phénomène tend à diminuer ces dernières années. Quels sont les mécanismes qui régulent ces changements subtils de la phénologie de la végétation au printemps ? 

Les travaux du groupe de recherche BGEOSYS de la Faculté des Sciences de l'ULB, publiés cette semaine dans Nature Climate Change, visent à répondre à ces questions, en réalisant une étude à large échelle de la phénologie de la végétation en Europe. Pour ce faire, les chercheurs ont analysé 386000 observations de dates d’apparition des feuilles chez 6 espèces d’arbres en Europe et quantifié leur changement au cours des cinq dernières décennies à l’aide d’un modèle. « C’est un modèle ‘unifié', car il prend en compte à la fois les besoins de froid hivernal et de chaleur printanière qui donnent le tempo aux plantes pour produire leurs premières feuilles » explique Haicheng Zhang, chercheur au sein du groupe de recherche BGEOSYS qui a coordonné l’étude. 

Leurs résultats montrent que les feuilles apparaissent environ 6 jours plus tôt maintenant qu’il y a 50 ans, principalement à cause d’une accélération de la croissance des bourgeons induite par le réchauffement du printemps. En revanche, le réchauffement hivernal ralentit la capacité à croître des bourgeons au début du printemps. Ce phénomène s’oppose donc partiellement à l’effet d’accélération de la croissance par le réchauffement du printemps, élucidant ainsi en partie pourquoi la tendance à une reprise d’activité plus précoce semble faiblir au cours des dernières années. Plus largement, nos résultats mettent en évidence que la complexité du fonctionnement de la végétation et de sa régulation par le climat doit être prise en compte dans les modèles réalisant les projections futures du système couplé végétation terrestre-climat.